Quillebeuf,
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« Pierre Onésime FREMONT – Un Quillebois presque ordinaire »

Pierre Onésime FREMONT

1812  -  1899

Un Quillebois* presque ordinaire

Quillebeuf, un village niché dans le dernier méandre de la « rivière de Seine », au riche passé maritime et au rôle stratégique, verrouillant l'accès à Rouen et même à Paris ; une famille respectée dont tous les représentants mâles, depuis des générations, sont capitaines de navires (son arrière-grand-père, le capitaine Pierre Frémont, est le commanditaire de l’ex-voto se trouvant encore aujourd’hui dans l’église Notre-Dame de Bon-Port) ; un 19ème siècle où la marine à voile de commerce est à son apogée : un enfant né dans un environnement aussi particulier pouvait-il réellement échapper à sa destinée ?Pierre Onésime Frémont, né en 1812, inscrit maritime à Honfleur, embarque dès l'âge de 13 ans, et naviguera sans interruption pendant 45  ans. En qualité de mousse, novice puis matelot, ses premiers voyages l'emmènent successivement à Saint-Pétersbourg, Marseille, Philadelphie, Charleston et aux Antilles. En décembre 1829, à peine âgé de 17 ans, lors de son premier embarquement comme lieutenant, le trois-mâts Mississipi, commandé par le capitaine Charles Gotrot, ancien corsaire du Roy, est attaqué par les pirates au niveau des îles Bahamas. La grande expérience du commandant permettra une issue heureuse à un épisode qui aurait pu se terminer de façon bien plus dramatique.Le 25 juin 1843, après cinq années passées « à l'état », à bord du  Lévrier, Pierre Frémont obtient, à l'âge de 31 ans, son diplôme de capitaine au long cours, et va ainsi pouvoir s'engager sur la route tracée par ses ancêtres. Pendant presque 25 ans, il va désormais commander des trois-mâts transatlantiques, au départ de Rouen et surtout du Havre, essentiellement sous l'armement de Frédéric Perquer, contribuant activement à la création de la ligne régulière Le Havre – Buenos-Aires, avant de finir sa carrière, à 55 ans passés, comme Capitaine-Inspecteur des Assurances Maritimes du Havre.Mais, en plus des spécificités inhérentes à son métier, la vie de cet homme d'exception sera émaillée de nombreux évènements : durant les cinq années passées à bord du Lévrier, en station dans le port de Dieppe, il participe, seul ou en compagnie de l'équipage du cotre de guerre, à plusieurs opérations de sauvetage à l’occasion desquelles il montre un grand courage, et pour lesquels il est décoré à plusieurs reprises. Les journaux dieppois de l'époque ont largement commenté ces différents actes de bravoure.En 1849, Pierre Frémont identifie un haut-fond dans le Rio de la Plata dont il signale l’existence au Ministère de la Marine, profitant de l'occasion pour formuler des griefs à l'égard du Consul de France à Bahia (Brésil) qui, lors du même voyage, s'est comporté envers lui d'une façon pour le moins cavalière. Après confirmation par les services hydrographiques argentins, le banc de sable portera définitivement le nom de la Ville de Rouen, le trois-mâts qu'il commandait alors, et avec lequel il naufragera, l'année suivante, lors d'une terrible tempête en rade de Montevideo, dans un contexte politico-militaire très complexe.La même année, il épouse, à Quillebeuf, Marguerite Rose Parquet, descendante d’une dynastie de pilotes quillebois (la « Maison du Paradis », située au 10 de la Grande Rue a appartenue aux Parquet pendant presque cent ans)Inventeur d’un ingénieux système de réduction de voilure – le hunier à balestron - qui sera largement utilisé sur de nombreux bâtiments du commerce, il est récompensé par une médaille lors de l’Exposition Universelle de Paris en 1867, puis élevé au rang de Chevalier de la Légion d’Honneur. 
les aventures d'un marin normand

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